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Orientation stratégique

ADS : la complémentarité dans l’action sociale

Najib Guédira, Juillet 2007
Interview

Quelle place occupe l’ADS dans l’action de l’Etat en matière de développement social ?

Crée à la fin des années quatre-vingt dix, l’Agence du Développement Social (ADS) est assurément  une institution du 21ème siècle.

Sa mission est double : lutter contre la pauvreté mais aussi promouvoir le développement social. Dans ce domaine, l’agence se propose d’abord de changer  la façon de faire. Et pour cause,  l’administration n’a pas été toujours performante dans l’action du développement social.

Aujourd’hui, un climat nouveau règne dans le pays, et tous sont invités à participer à la dynamique enclenchée. Dans ce sens, l’ADS ne manque pas d’atouts : c’est une agence gouvernementale qui  se distingue par ses techniques de gestion inspiré du privé (CDD, Audit). C’est également une institution jeune qui  n’a pas de passif pénalisant. En outre, la personnalité morale lui octroie une marge de manœuvre certaine pour accomplir au mieux ses missions. Ceci étant, l’agence reste un instrument d’exécution. Nous travaillons pour proposer des démarches et des actions qui vont dans le même sens de la stratégie de l’Etat et du gouvernement en matière du développement social.

Comment se complète l’action de l’ADS avec celle des autres institutions étatiques ?

Au moment de la création de l’agence, plusieurs projets étaient déjà lancés : infrastructures routières, eau potable, etc.  De par sa mission, l’ADS a été naturellement associée à ses projets et son action se traduisait par une contribution principalement financière.  Néanmoins, le positionnement de l’agence est clair : il s’agit non pas de remplacer mais de compléter l’action des différents institutions de l’Etat en matière de développement social.

Cette complémentarité a évolué pour s’affirmer à travers une démarche participative ascendante qui associe les différents acteurs du développement social aussi bien au niveau local que national. Objectif : professionnaliser l’action dans le social et développer des démarches innovantes.

Il s’agit aussi de valoriser dans ce cadre des principes de fonctionnement nouveaux, tel que la gestion par les résultats. Traduction concrète sur le terrain : financer des projets mais surtout investir sur les porteurs même des projets. Au-delà de la simple assistance financière, il s’agit de permettre à ces derniers de disposer des outils et moyens pour se prendre en charge. C’est ce subtil dosage entre apprendre à pêcher un poisson et donner en même temps le poisson que l’ADS cherche à initier dans l’action du développement social.

Quelle est la contribution de l’ADS dans l’INDH   ?

L’ADS part d’abord d’une capitalisation sur ce qui a été fait. L’INDH a apporté une nouvelle échelle de travail qui transcende le simple douar ou le petit village. Et chaque intervenant doit se poser la question sur sa place dans le cadre de cette dynamique de grande envergure.  Et sur ce registre, l’agence a des arguments solides : c’est un établissement public spécialisé qui dispose une position privilégiée dans le domaine et une forte implantation an niveau local. Quelle valeur ajoutée peut apporter l’ADS dans ce cadre ?  D’une part, l’agence a pratiquement exclu le financement des infrastructures sociales de base (ISB). Car, justement avec l’INDH, l’argent n’est plus le problème pour le financement des infrastructures. Le problème est comment le citoyen va payer l’eau, l’électricité et les services de bases ?

L’ADS s’attèle prioritairement à travailler pour donner un contenu à l’action locale. Car pour réussir, les gens doivent être capables de prendre des décisions. Sur le terrain, la réalité est autre. D’où l’orientation stratégique pour mettre l’accent sur le Renforcement des Capacités des Acteurs. Un engagement qui s’est traduit par la signature, le 22 septembre 2006 à Beni Mellal, d’une convention cadre entre le  Comité de Pilotage de l’INDH et l’ADS.

Outre leur dimension sociale, les AGR apportent une dimension économique dans l’action de l’ADS. Quelle est la valeur ajoutée de l’agence dans ce domaine ? 

Le Maroc vit un problème social important dû au manque de ressources financières pour de larges couches de la population. C’est à ce niveau qu’interviennent les Activités Génératrice de Revenus (AGR).  Là aussi, l’action de l’agence s’inscrit en complémentarité des actions de différentes institutions étatiques en la matière. Outre le financement, le petit plus qu'apporte l’ADS sur ce registre réside dans la formation et l’accompagnement des porteurs de projets. Dans plusieurs programmes en effet, la démarche reste incomplète. Si beaucoup de ces derniers échouent, ce n’est pas à cause de la réticence des banques, comme on a souvent tendance à l’affirmer. Ces dernières sont demandeuses de projets pertinents et disposent des fonds nécessaires pour investir.

Le problème est bien celui de la qualification et de suivi. L’ADS essaye, dans la limite de ses moyens, de palier à cette carence en matière d’accompagnement nécessaire pour la réussite des projets. Ici, l’action de l’ADS a éminemment une dimension économique mais aussi culturelle. Car la question culturelle est hautement sensible étant donné qu’il s’agit bien d’introduire définitivement une nouvelle culture dans l’action sociale.

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