Lutter contre la pauvreté, c'est d’abord donner aux populations concernées les moyens de subvenir à leurs besoins, notamment à travers des activités génératrices de revenus et créatrices d’emplois.
Pour l’Agence de Développement Social, l’AGRE désigne de très petites activités économiques, portées par des populations pauvres et vulnérables qui leur engendrent un revenu régulier.
Cet appui est un complément indispensable aux infrastructures sociales de base (eau potable, voies de communication,..) fournies aux populations. Ces projets structurels sont certes importants, mais ils n'assurent pas, aux populations un développement autonome et durable.
De ce point de vue, l'approche des AGRE est plus économique que sociale, visant à promouvoir des projets créateurs de richesse et d’emploi. Au Maroc, une telle démarche se présente comme une des clés de la relance des zones rurales et urbaines défavorisées.
Consciente de cette réalité, l’ADS a consacré, en 2005, la moitié de ses crédits à ce type de projets. Et dans sa stratégie d'action 2005-2010, le soutien aux AGRE figure en tête des priorités.
L'éligibilité des projets AGRE au financement de l’ADS est tributaire de l'existence d'un débouché, justifié par une étude de marché rudimentaire, confirmée ensuite par une étude de rentabilité. Un minimum de savoir-faire est bien évidemment requis des bénéficiaires, qui doivent démontrer leur capacité à mener à bien un projet dans le domaine ciblé.
De même, les bénéficiaires doivent appartenir à la catégorie des populations vulnérables (population pauvre, femmes, jeunes, handicapés, diplômés à la recherche d’emploi…). Pour autant, tout projet AGRE bénéficiant à la population-cible de l’Agence et entrant dans ses critères, est éligible, quelque soit son porteur.
L'ADS apporte, aux porteurs de projets un soutien financier et technique et un accompagnement de proximité. Consciente des difficultés des porteurs à assurer un suivi optimal de leurs projets, l'Agence a systématisé le recours à une composante d'accompagnement, qu’elle finance intégralement, d’une durée minimale de deux ans.
Car loin de se limiter ici à jouer le rôle d'un simple bailleur de fonds, l'Agence encadre les projets et finance des actions de formation professionnelle, liées aux besoins du marché du travail, d’accompagnement (assistance technique, conseil…) au développement de l’activité objet de l’appui de l’agence . L’action de l'ADS peut donc aussi prendre la forme d'une contribution au renforcement des capacités de gestion et d'organisation des groupes chargés de gérer chacune de ces activités.
L’appui de l’Agence de Développement Social se fait surtout au profit des associations ou des coopératives ; mais il peut aussi bénéficier à des structures privées (SARL par exemple), dès lors qu’elles regroupent plusieurs bénéficiaires éligibles à ses financements.
L'ADS appuie techniquement et financièrement des activités nouvelles ou existantes, à tous les niveaux de la chaîne de valeur : production, transformation et commercialisation des produits, et dans tous les secteurs d’activité économique agricoles ou artisanaux, ainsi que le tourisme rural ou la pêche artisanale.
Les financements de l’Agence sont aujourd’hui plafonnés à 25.000 dirhams par bénéficiaire. Cependant, lorsque l’agence est appelée à financer des projets qui nécessitent des financements plus importants, elle monte alors des partenariats avec le secteur public et privé et avec les associations de microcrédit.
Dans tous les cas, le financement des projets AGRE se fait par un mécanisme original : la Caisse Solidaire de Développement (CSD) dont les ressources proviennent des remboursements des avances accordées par l’ADS aux porteurs de projet (H/F) et destinées à être réutilisées au profit de nouveaux groupes appartenant à la même communauté pour des activités destinées à lutter contre la pauvreté.). A travers ce mécanisme, l’Agence de Développement Social contribue financièrement au projet porté par des micro entrepreneurs, micro exploitants ou micro producteurs, qui, à partir des revenus générés par le projet, constituent une CSD, alimentée par l’épargne ainsi dégagée, qu’ils utilisent exclusivement dans le développement de leur activité.
Cette conditionnalité est assortie d’un accompagnement obligatoire, pris en charge par l’agence. La CSD est gérée par l’association (ou la coopérative, ou le porteur du projet) à laquelle doivent appartenir tous les bénéficiaires. Elle ne peut utiliser les fonds au profit de personnes externes.
La démarche de l’agence vise à compléter celle des associations de microcrédit, puisque ces dernières ciblent, comme l'ADS, les populations pauvres et vulnérables ; avec une particularité : l’agence travaille avec des groupes de micro entrepreneurs alors que celles-ci travaillent avec des individus.
Ces institutions sont concentrées en général dans le milieu urbain alors que l’agence travaille essentiellement dans le rural. Le défi que se donne l'Agence de Développement Social, est d'aider ces organisations à s’investir davantage en milieu rural. Une ligne de subvention a été mise en place à cet effet par l’agence, dès 2003 et a profité à six associations de microcrédit.